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Stimuler la compétitivité locale: ce qu’ACMA 3 a appris d’une année de services de développement aux entreprises au Bénin

ACMA3 Benin LIA-CS-08 Main

L'agriculture emploie près de 70 % de la population active du Bénin, mais les organisations de producteurs (OP) et les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) agricoles au cœur du secteur se heurtent à des obstacles bien connus : une faible productivité sur des spéculations orientées vers la sécurité alimentaire, un accès limité aux marchés rémunérateurs, un accès difficile au financement, et des besoins variés en renforcement de capacités. Ces défis freinent la professionnalisation, non seulement des agriculteurs eux-mêmes, mais aussi des organisations et agro-MPME avec lesquelles ils collaborent.

Le programme Approche Communale pour le Marché Agricole, phase 3 (ACMA 3) a mis en place une offre structurée de Business Development Services (BDS) pour répondre à ces défis, déployée en synergie avec les structures étatiques décentralisées, les institutions financières et les prestataires de services non financiers, afin de garantir la cohérence et la complémentarité des interventions plutôt que leur duplication. La dernière étude de cas Learning into Action d'AMEA, LIA-CS-08, retrace ce qu'une année de cet appui a permis d'obtenir pour 32 organisations de producteurs et agro-MPME accompagnées entre 2023 et 2024.

Un dispositif d'appui en cinq étapes ancré dans les dynamiques locales

La démarche d'ACMA 3 commence par l'identification et la sélection des OP et agro-MPME selon trois critères : le renforcement des initiatives existantes, le positionnement sur des maillons des chaînes de valeur orientées vers la sécurité alimentaire, et la capacité démontrée à promouvoir les femmes et les jeunes. Un diagnostic participatif permet ensuite d'identifier les besoins spécifiques de chaque organisation, du renforcement de capacités à l'accès au marché, en passant par les processus de transformation, les infrastructures et les procédures de commerce transfrontalier.

Suit un dispositif d'appui sur mesure : amélioration des systèmes de production, développement de modèles d'affaires inclusifs, mise en relation avec les institutions de microfinance, les services publics de vulgarisation agricole et les prestataires privés de développement de l'entrepreneuriat. Le programme s'appuie également sur les Pôles d'Entreprises Agricoles (PEA) et les Cadres de Concertation Inter-Communaux (CCIC) pour coordonner les acteurs publics, privés et économiques au niveau territorial, une approche fondée sur la cocréation et le suivi continu des performances plutôt que sur un modèle figé.

Ce que montrent les résultats

L'analyse d'efficacité, menée auprès des 32 organisations accompagnées, met en évidence des résultats solides dès la première année :

  • Une moyenne de 41 980 $ de revenus, avec des performances plus élevées parmi les PME axées sur la production et les coopératives, et des niveaux plus faibles parmi les entreprises de distribution et de services d'équipement en phase de démarrage
  • Une amélioration progressive, quoique timide, de l'emploi permanent, avec une médiane de 2 employés à temps plein par entreprise et environ 68 emplois soutenus dans l'ensemble de l'échantillon
  • Une mobilisation généralisée des capitaux, avec une moyenne de 27 161 $ par organisation et un total de 869 175 $ sur l'ensemble de l'échantillon
  • Un impact sur 8 060 producteurs affiliés, dont 2 283 femmes
  • Un rôle majeur des coopératives et agro-MPME dans l'inclusion économique, représentant plus de 90 % des acteurs bénéficiaires touchés

L'appui à l'accès au marché s'est révélé le plus demandé, représentant 53,1 % des BDS fournis, suivi du renforcement de capacités dans les activités principales (21,9 %). Fait notable, les entreprises privées se sont distinguées dans la promotion de la participation des femmes : 62,5 % des acteurs affiliés aux agro-MPME touchés par le programme étaient des femmes, contre 33,4 % parmi ceux affiliés aux organisations de producteurs, un écart que l'étude attribue à une gouvernance inclusive et à un accompagnement ciblé sur les activités génératrices de revenus portées par les femmes.

Le coût d'un BDS de qualité, et la stratégie de sortie qui l'accompagne

Fournir ces services a un coût. Le coût moyen des appuis BDS s'élève à 1 813,34 $ par organisation, dont 80 % pris en charge par le programme et 20 % (443,05 $) directement par les bénéficiaires. Cette répartition est délibérée : ACMA 3 applique une stratégie de subvention dégressive (passant par des ratios tels que 80-20, 50-50 et 75-25) conçue pour faire croître progressivement la contribution financière propre des bénéficiaires, renforçant ainsi leur appropriation et les préparant à assurer leur autonomie à la fin de l'intervention.

Des recommandations pour la mise à l'échelle

L'étude de cas se conclut par un ensemble clair de priorités pour la réplication et la durabilité :

  1. Poursuivre l'appropriation interne des outils de diagnostic, de gestion, de suivi et d'évaluation, afin que les OP et agro-MPME puissent réaliser elles-mêmes leurs évaluations de performance.
  2. Renforcer les modes de gouvernance, en veillant à la mise en œuvre systématique des recommandations issues des auto-évaluations et à une meilleure participation des membres.
  3. Appuyer des stratégies autonomes de mobilisation de ressources, permettant aux organisations d'accroître leur part de contribution et de réduire leur dépendance aux subventions.
  4. Faciliter la mise à l'échelle des approches BDS au sein des réseaux de coopératives, pour diffuser les bonnes pratiques et consolider un mouvement national vers des organisations agricoles plus professionnelles et compétitives.

Pourquoi cela dépasse le cadre du Bénin

L'expérience d'ACMA 3 apporte un nouvel élément de réponse à une question que le réseau d'AMEA explore sous plusieurs angles : comment concevoir un appui BDS qui renforce réellement les capacités sans créer de dépendance durable ? Le modèle de subvention dégressive, associé à un processus clair allant du diagnostic à la mise en œuvre, offre une structure reproductible pour d'autres programmes de la région poursuivant le même objectif: des organisations de producteurs et agro-PME plus professionnelles et financièrement résilientes.

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